mercredi 29 avril 2009

Virus sans frontière

Un petit billet vite fait (car je suis dans les cartons) pour vous donner notre sentiment sur l'épidémie de grippe porcine, la fameuse "swine flu".

J'avoue qu'à un moment donné, j'ai pensé à Seattle avec regret (pour la petite histoire, nous avions le choix entre Seattle, Wichita (kansas) et San Diego pour tenter l'aventure américaine). A Seattle, mes enfants ne seraient pas assis à côté d'un ou d'une petite mexicaine à l'école. A Seattle on se lave peut-être plus souvent les mains. A Seattle, la moitié de la ville ne traverse pas la frontière pour aller voir sa famille à Tijuana le week-end...

C'était bien évidemment n'importe quoi et je le savais. Voyez un peu ce que l'inquiétude d'une mère peut lui faire penser et dire (enfin ça reste entre nous).

Je viens d'écouter "le téléphone sonne" sur France Inter et je me rends compte que le mot angoisse n'est pas trop fort en France. Pourtant ici, rien ne semble alarmant. La maîtresse de Romane nous a fait parvenir un petit mot concernant le comportement général de la classe en le comparant à une grippe de la paresse. C'est gonflé compte tenu du contexte.

Le Super Intendant nous envoie des courriels et appels téléphoniques en nous demandant de ne pas céder à la panique. Il nous rappelle les règles d'hygiène élémentaire à respecter pour éviter la contamination. Les enfants se lavent les mains 4 fois par jour à l'école. Au moindre symptome, ils doivent rester à la maison. Une "hot line" a été créée pour répondre aux questions. Seule preuve d'une éventuelle préoccupation, les lingettes désinfectantes sont, parait-il, introuvables.

De l'autre côté de la frontière à Tijuana (30 mn de San Diego), derrière ce mûr infame (j'en parlais ici) les écoles publiques sont fermées. Un tournoi de foot a été annulé... Les gens évitent de se serrer la main, de s'embrasser. Les journaux parlent de panique, les gens portent des masques dans la rue. 149 morts au Mexique pour le moment.

Hier dans la banlieue nord de San Diego, un enfant de 7 ans a été diagnostiqué porteur de la maladie et son école a été fermées.

A quoi il sert ce mûr, je vous le demande ? A rien, ça se confirme...

Bon je retourne à mes cartons...

lundi 27 avril 2009

Le centre du monde...



Le centre du monde... Ca vous parle ? Figurez-vous que nous en revenons. Il se situe au fin fond du désert californien, près de la frontière avec l'Arizona, quelques miles avant d'arriver à Yuma.


Je ne compte pas les fois ou nous sommes passés devant ces escaliers dont j'avais découvert l'existence en feuilletant un livre dans une librairie l'année dernière. A chaque fois, nous étions trop pressés pour s'arreter ou bien il faisait nuit...

Et à chaque fois, j'étais frustrée de manquer ce spectacle complètement singulier, un coucher de soleil californien sur les marches de la tour Eiffel. Il s'agit d'une partie des escaliers d'origine, vendue aux enchères par l'Etat français en 1983.

Ce vendredi, en chemin pour fêter l'anniversaire de Nath à Phoenix, c'était l'occasion de faire une pause sur les 6 heures de route qui separent San Diego de Phoenix... (alors que nous étions déjà à la bourre pour le Mojito dans le jardin sous l'oranger, comme quoi des fois on inverse les priorités).

Le sort était contre nous, l'appareil photo nous a laché après ces quelques photos. Mais ces marches d'escaliers dévorées par la rouille, le sable, la chaleur qui grimpent vers des cieux plus propices, on aurait dit un tableau de Dali.

Du coup pas de photo de la pyramide à l'interieur de laquelle se trouve une plaque symbolisant officiellement le centre du monde (reconnu comme tel par le France en 1989). De toute façon, elle etait fermée...

C'est Jacques André Istel, cet "enfant de l'aristocratie française" qui a créé, au milieu des années 1980, une citadelle dédiée à "l'histoire de l'humanité". On y trouve également une Eglise qui s'inspire de celle du Mont St Michel. Maire auto proclamé de "Félicity", du nom de sa femme Félicia, il a fait construire des monuments en granite, censés durer 4 000 ans, sur lesquels sont gravées les principales découvertes faites au cours de l'histoire de l'humanité. Pour plus de photos ou d'infos, c'est par ici.


L'histoire de la légion française racontée dans les 2 langues... Ca le fait grave in the middle of nowhere quand même...

Il est possible moyennant 200 $ de faire graver sa généalogie, des faits marquants dans votre propre famille, que sais-je. Il suffit que le contenu soit noble. The ultimate who's who en quelque sorte.

On pourrait imaginer une liste de blog avec le nom de leur auteur et une petite phrase. "A mojito a day keep the doctor away", ça fait pas assez noble ça peut-être ... C'est tout de même l'histoire de l'humanité les blogs quand même ! Je vais en parler à Jacques André...

En attendant, ça se confirme, le centre du monde de la rencontre bloguèsque c'est là-bas qu'il se situe. Je leur décerne officielement 5 mojitos d'or, la plus haute distinction dans le domaine de l'accueil du blogueur en perdition qui souhaite s'ouvrir à son prochain.

Bonne semaine les gens !

jeudi 23 avril 2009

Ou je deviens la peintre officieuse de Pat' Navidad...

Suite du billet précedent...

Alors Dolores me présente son poster qui est en fait une photo encadrée sous verre, visiblement du travail de pro.

Et là Mesdames Messieurs, j'ai comme une légère inquiétude. Certes la plastique de la dame est irréprochable. Seul le visage semble un peu marqué. Le problème concernerait plutôt le travail du photographe...

Dolores est assise les jambes reqroquevillées devant elle, les pieds dans le vide, les fesses en équilibre sur une espèce de promontoir en moumoute marron. Elle est nue je vous le rappelle mais ses genoux cachent habilement l'essentiel. Le fond de la photo, couleur marbre chiasse, rappelle un peu la paroie intra-utérine d'un oeuf dans Alien. Ma Dolores reste digne, la tête légèrement inclinée, le visage blaffard car trop poudré, on dirait Marie-Antoinnette qui se tient la tête en pensant à la guillotine (d'ou le titre du précédent billet).

Allait-elle me demander de reproduire le plus fidèlement possible cette photo là ?

Que nenni. Figurez-vous que ma cliente (moitié mexicaine moitié brésilienne) a du gout... (Mais pourquoi je n'habite pas à La Jolla moi... (la ville friquée à coté de SD)).

Elle m'agite un magazine mexicain sous le nez, l'ouvre à la page centrale. Je vous laisse juge.

Paty Navidad, desnuda ! (Paty Navidad à poil)

Je réalise que cette position est exactement la même que celle du portrait (comme par hasard).
J'ai donc devant moi une fan de Paty Navidad qui me demande de lui faire le visage le plus sexy possible avec les même yeux clos, cette bouche de suceuse de cornets de glaces et cette petite fleur rouge dans les cheveux. J'ai carte blanche pour le background, bien mon général !

Si c'est pas un beau début de carrière ça... Ca va être ma Joconde à moi en quelque sorte.

Je vous demanderais un peu de respect pour ma cliente. Elle est grand-mère... Ce portrait est destiné à son boyfriend. (On verra ce que la menaupose va vous faire faire les filles...!)

C'est ça marrez vous ! N'empèche, je l'ai feuilleté attentivement son magasine (Pascal aussi d'ailleurs, depuis au lit on se parle espagnol...) et je suis tombée sur Bernie Paz...

Hola guapo, que tal, vives con tus padres ? me gustaria pintar tu sin la camisa de preferencia y sin tus pantalones...sin nada en fait (message personnel pour Bernie)

Si ça se trouve dans 2 semaines le boyfriend sonne à ma porte et me réclame son portrait à la Bernie Paz...

Y'a un marché les gens, y'a un marché !!

mercredi 22 avril 2009

Ascenseur pour l'échafaud

Décider de se lancer dans une carrière de peintre, c'est un peu comme partir à l'assaut de l'Everest. Il vous faut du materiel, une préparation physique au jetté du pinceau et un mental solide.

Jusque là, je me complaisais dans mon camp de base. Relire la notice de montage de la tente, vérifier que le réchaud fonctionne, réfléchir à changer l'orientation de la porte... C'est rassurant un camp de base.

Mais souvenez-vous, il y a quelques semaines, ma voisine, appelons la Dolores, frappait à ma tente pour me demander de lui faire son portrait. Elle me montrait une photo grande comme un timbre poste sur laquelle elle etait nue. Nous avions convenu qu'elle m'apporterait un poster tiré de cette photo.

Du coup j'ai bien parcouru 500 mètres sur les pentes escarpées. Je me suis même commandée des cartes de visites. Lorsque l'école des enfants a vendu une de mes toiles aux enchères, ma carte figurait accroché au dos (Pascal avait insisté) comme une pro...

Les jours passaient et point de poster. Je croisais Dolores dans sa voiture qui me gratifiait d'un "how are you" puis filait. J'habite près de la piscine m'avait-elle dit... Moi aussi, tout comme la moitié de la résidence d'ailleurs. Pourquoi n'avais-je pas demandé une adresse hein pourquoi ? A cause du syndrome du camp de base évidemment...

Ce lundi, alors que j'étais bien decidé à jouer les torreadors pour savoir ce qui l'en était (c'est quand même pas compliqué de dire non quand même) Dolores sonne à ma porte et me présente la bète...

Et j'ai compris que Dolores (douleurs en espagnol) méritait bien son surnom... "A pain in the ass" ce portrait. Je vous raconte très bientôt, il faut que j'y aille...

lundi 20 avril 2009

En avoir ou pas...





Ca ne rigole pas chez IBEW (syndicat des travailleurs dans l'éléctricité).

Alors les gars, une bonne séquestration de patron c'est pour quand ??

vendredi 17 avril 2009

The 1000 Teddies Project

Encore un projet artistique interessant. 1000 oursons peint sur des toiles de tailles differentes. Une gallerie presente le travail de Philipp Jordan en ce moment a North Park sur Ray street. Meme qu'on se sent carrement observe.

Qui a dit qu'il ne se passait rien a San Diego ? hein qui ?

Et bon week-end !

mercredi 15 avril 2009

Grand ménage de printemps...

J'ai ouvert ce blog quelques jours apres avoir emménagé dans un nouvel appartement. Il se trouve que je ne peux plus les voir en peinture, ce blog et cet appartement.

Déménager. Voilà la solution pour changer le mal de place. C'est précisement ce que nous allons faire prochainement. Finito Carpet Land et sa poussière. Bonjour le luxe du parquet.

Alors concernant le blog, j'ai choisi l'option lifting, tellement plus SoCal. Une petite liposution des points de couleurs, une prothese au niveau du titre, un raffermissement de la silhouette...

Sachant qu'il est en sursis. On va quand même bien finir par se barrer de San Diego tout de
même ...!

lundi 13 avril 2009

J'ai rencontré Homéo...

J'ai rencontré Homéo.




Homéo et sa famille.

Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Rien à voir avec ces photos.

Simplement la même impression.

Improbabilité de tomber sur un un Kenworth rutilant rose fushia sur une aire d'autoroute en Arizona, on y revient toujours décidement. Un chauffeur en chemise à carreaux et bretelles partis s'enfiler une de ces glaces tellement huileuse qu'elle colle au cornet et ne retombe pas quand on la plonge dans un bain de chocolat liquide.

Improbabilité de rencontrer une française expat de la côte Est sympa avec qui on a envie de faire un bout de chemin.

Reviens Homéo, j'ai piqué les clefs du camion ! (Dans ma version on disait que Brad Pitt avait un cousin ...).

vendredi 10 avril 2009

Trop c'est trop !

"Maman, je suis sûre que tu serais plus belle en blonde, avec les cheveux sans boucles !"

Blonde comme ma voisine la catcheuse...

Blonde comme la perfect Mom..

Blonde comme celle qui m'a presque renversée en vélo, avec ses grosses lunettes de mouche, son téléphone dans une main et le volant dans l'autre.

Blonde comme les Brésiliennes au bord de la piscine et leur joli petit ...

Blonde comme toutes les mamans américaines que l'on connait...

Blonde comme...

Vous en conviendrez, trop c'est trop !


Bouton d'alarme enclanché. Vérrouillage des issus de secours. Clignotants d'alerte activés.
Codes d'accès rentrés. Procédure de mise à feu engagée et autorisée. Oh Yes !

Rentrage des passerelles. Sortage de fumée. Cafouillage dans les boutons mais beaucoup de bruit, ça fait sérieux le bruit... Cible désignée... Un nid de blondes forcément mais pas trop près quand même, j'hésite...



"Siiiiiii ! je suis sûre maman ! Tu sais, blonde comme Nath de Phoenix, elle a de beaux cheveux Nath !"




Humanisation de la cible. Empahtie avec la victime. Sentiment de sympahtie qui finit par s'installer... Bon bon bon...

Suspension de la procédure de représaille alors. Pffffff !

Romane Kissinger, j'écris ton nom. Je lui vois un bel avenir de diplomate...


Dommage, j'avais tout prévu... TOUT !

Là dessus, j'ai rencontré Homéo. Elle est... brune. Ouf.


Crédit Photos :
Missile Titan II à charge nucléaire, base militaire transformée en musée au sud de Tucson.
Relique de la guerre froide.
Puissance de frappe : la totalité des bombes de la deuxième GM + celle d'Hiroshima.
Missile à cible fixe... Cibles toujours classées top secret.

Ca calme hein !

mercredi 8 avril 2009

Staycation ou vacances à la maison...




Et voilà. Notre petite escapade de 4 jours dans l'Arizona est révolue. La situation économique étant ce qu'elle est et le marché de l'emploi frileux, cette année pas de vacances de printemps. Mais comme le dit très justement ma belle-soeur, San Diego c'est tous les jours les vacances. Une impression de club Med cette ville quoi.

Un article dans un magazine local faisait ce constat dernièrement. Beaucoup de familles ne partiront pas pour Spring Break cette année. D'ou ce néologisme qui consiste à assembler stay (rester) et vacation (vacances) : staycation. Pas si nouveau que ça d'ailleurs, la tendance s'est amorcée fortement l'année dernière en raison de la hausse des carburants.

Alors, règles du jeux pour passer une bonne "staycation" à San Diego :
  • minimiser les tâches ménagères,
  • se «déconnecter» du bureau,
  • jouer au touriste dans sa propre ville et visiter des attraits qui ont souvent été recommandés mais qu’on n’a jamais visités,
  • essayer de nouveaux restaurants,
  • jouer dehors: faire un pique-nique dans un parc, du vélo, de la randonnée, profiter des spectacles en plein air,
  • se gâter: magasiner, aller au spa.


Mouai... Bof. Quand on commence à imaginer le château de Buzet sur le haut d'une colline désertique, c'est pas d'un nouveau restau dont on a besoin nous...

Je pourrais faire du MICRO-TOURISME : "Micro-Géographie personnelle. Explorer son chez soi dans le but de donner aux différents éléments qui le composent (pièces, mûrs, meubles, objets…) le nom d'un lieu du monde qu'ils évoquent. Les afficher avec des post-it".

Ou encore de l'AEROTOURISME : "Séjourner 48 heures dans un aéroport, sans s'envoler. Jouir du confort des lieux, des différentes ressources sanitaires, commerciales et gastronomiques proposées, du ballet des voyageurs en partance et de la valse des destinations sur le tableau "Départs".

J'ai trouvé mieux. Je vais faire du Vuparunblogueurtourisme : Rencontrer un ou une blogueuse de passage dans sa ville et découvrir ses premières impressions. Madame Homeo nous rencontre juste apres sa visite au zoo. J'ai un peu peur j'avoue... Parait qu'il y a des dindes en Alabhama...

Si vous avez 5mn, allez faire un tour sur ce dictionnaire des formes de tourisme (le Latourex). Truculent. J'aime particulierement le Beatourisme, le Pop tourisme, la promenade Boule de neige...

(pas de réponses aux commentaires du billet précédent, ça me déprime la neige mais merci de participer !...)

jeudi 2 avril 2009

Let it snow !

Incomprehension. Choc. Stupeur et tremblement ( de la levre inferieure) lorsque la famille Sourire nous a annonce qu'elle rentrait au Quebec.

Mais enfin, on est pas bien ici, sur l'Ile fantastique ? On aurait surement fini par rencontrer Tatoo ... Fait toujours beau icitte tabarnaque. C'est pas l'essentiel ca ?

Une semaine que je me rabache ca et hier, la lumiere m'est apparue grace a You, mon meilleur ami. J'ai compris.

J'ai compris le bonheur de regarder un ciel edredon se vider de ses plumes sur son arriere cours. J'ai compris la joie de vivre ce miracle de la nature. J'ai compris la bache dans le jardin qui attend febrilement le printemps. J'ai compris les branches depouillees qui se courbent sous le brise glacee. J'ai compris les moineaux affames qui n'attendent que vous. J'ai compris la jardiniere sur le balcon sans vie. J'ai compris la poesie de l'hiver...

Tu peux maintenant aller en paix Eliza...

J'ai compris que tu allais toi aussi nous faire des supers videos sur You Tube. Issy les Moulineaux planquez vous, ca va bombarder dur du cote de Montreal !

J'espere que vous aurez cette chanson dans la tete (what love can do de Bruce Springsteen). Ca aide a changer de vie...

Pis nous aussi on demenage... mais seulement d'Etat pour quelques jours.

Gros becs a tous !